Naviguer sur internet en 2026 n’a jamais été aussi pratique : faire ses courses, payer ses factures, rester en contact avec ses proches, regarder les informations ou réserver un voyage — tout se fait depuis un ordinateur ou un téléphone. Mais cette commodité s’accompagne de risques réels que les cybercriminels exploitent avec une sophistication croissante.
Les personnes de plus de 60 ans sont aujourd’hui les premières cibles des arnaques en ligne. Non pas parce qu’elles sont moins intelligentes, mais parce qu’elles ont grandi sans internet, qu’elles font davantage confiance aux messages d’apparence officielle, et qu’elles disposent souvent d’une épargne plus conséquente que les jeunes générations. Les fraudeurs le savent et adaptent leurs techniques en conséquence.
Ce guide n’est pas là pour vous faire peur, mais pour vous donner les outils concrets qui vous permettront de profiter d’internet l’esprit tranquille. Il s’adresse directement aux seniors, mais aussi à leurs enfants, petits-enfants et aidants qui souhaitent les accompagner vers une navigation plus sûre.
Pourquoi les seniors sont-ils des cibles prioritaires pour les cybercriminels ?
Selon les dernières données publiées par Cybermalveillance.gouv.fr, les personnes de plus de 60 ans représentent plus de 30 % des victimes de phishing et d’arnaques en ligne déclarées en France. Ce chiffre sous-estime probablement la réalité, car beaucoup de victimes ne signalent pas les faits par honte ou par méconnaissance des démarches.
Plusieurs facteurs expliquent cette vulnérabilité accrue.
L’exposition tardive au numérique. Les personnes nées avant les années 1970 ont appris à faire confiance aux institutions — la banque, la poste, la sécurité sociale — via des courriers officiels, des documents imprimés avec des logos reconnaissables. Les cybercriminels reproduisent exactement ces codes visuels dans leurs faux messages. Là où un jeune adulte habitué aux arnaques reconnaît immédiatement le piège, un senior peut le percevoir comme un courrier authentique.
La confiance envers l’autorité. Les arnaques qui fonctionnent le mieux auprès des seniors utilisent des figures d’autorité : la police, les impôts, la mutuelle, Orange ou SFR. Un message qui indique que votre compte va être bloqué, que vous devez une amende, ou que votre abonnement expire déclenche une réponse émotionnelle de conformité. Les fraudeurs comptent sur cette tendance naturelle.
L’isolement social. Beaucoup de seniors vivent seuls et n’ont pas quelqu’un à portée pour valider un message suspect en temps réel. Quand on est face à un écran qui affiche un compte à rebours et un message urgent, l’absence d’un proche pour dire “ne touche à rien, je regarde ça” est un facteur de risque considérable.
Un patrimoine plus accessible. Statistiquement, les personnes âgées de 60 à 80 ans disposent d’une épargne plus importante que les autres tranches d’âge. Elles ont souvent des économies sur des livrets, des assurances-vie, un compte courant bien garni. Pour un fraudeur, c’est une cible rentable.
La bienveillance naturelle. Les seniors sont généralement plus polis et moins méfiants au téléphone. Un escroc qui appelle en se présentant comme “le service technique de votre banque” trouvera souvent une oreille attentive. Dire “je ne suis pas intéressé” ou raccrocher brusquement peut sembler impoli, même face à un fraudeur.
Comprendre ces mécanismes est déjà une première protection : savoir pourquoi vous êtes une cible, c’est commencer à déjouer les pièges. Pour approfondir les ressorts psychologiques de cette vulnérabilité, notre interview avec une psychologue spécialisée dans l’apprentissage numérique des seniors éclaire les mécanismes cognitifs en jeu.
Les 5 arnaques en ligne les plus dangereuses pour les seniors en 2026
1. Le phishing bancaire (hameçonnage)
Un email arrive, apparemment de votre banque : logo impeccable, mise en page professionnelle, adresse de l’expéditeur qui ressemble à s’y méprendre à celle de votre établissement. Le message vous informe d’une activité suspecte sur votre compte et vous demande de “confirmer vos identifiants” en cliquant sur un lien.
Ce lien mène vers un faux site qui copie exactement l’apparence de votre banque. Vous entrez votre numéro de client et votre mot de passe. Ces informations sont immédiatement transmises aux fraudeurs, qui vident votre compte dans les minutes qui suivent.
Le signe qui ne trompe pas : Votre banque ne vous demandera jamais vos identifiants par email. Jamais. C’est une règle absolue.
2. Le vishing — l’arnaque téléphonique au “faux conseiller”
Le fraudeur vous appelle et se présente comme un employé de votre banque, d’Orange, d’EDF ou d’un service administratif. Il dispose parfois de quelques informations réelles sur vous (nom, ville, dernier relevé de compte) achetées sur des bases de données piratées — ce qui renforce sa crédibilité.
Il vous annonce un problème grave : une transaction frauduleuse sur votre compte, une fuite de données, un virus sur votre box internet. Pour “sécuriser” votre compte, il vous demande un code SMS que vous venez de recevoir. Ce code, c’est en réalité celui d’une validation d’achat ou d’un virement qu’il vient de déclencher.
La règle d’or : Ne jamais communiquer un code reçu par SMS à qui que ce soit, même quelqu’un qui prétend être de votre banque.
3. Le smishing — les SMS frauduleux
Le smishing (contraction de SMS et phishing) fonctionne comme le phishing par email, mais via un message texte. Les variantes les plus courantes en France :
- Un SMS d’un “transporteur” (La Poste, Colissimo, DHL) vous demandant de payer 1,90 € de frais de douane pour libérer un colis. Un lien vous redirige vers un faux site de paiement.
- Un SMS des “impôts” vous annonçant un remboursement ou une amende.
- Un SMS d’Ameli (Assurance Maladie) demandant de mettre à jour votre carte Vitale. Comment repérer : Les administrations françaises n’envoient jamais de SMS avec un lien pour effectuer un paiement. En cas de doute, allez directement sur le site officiel en tapant l’adresse dans votre navigateur.
4. L’arnaque au faux support technique
Un message pop-up apparaît sur votre écran — parfois accompagné d’un signal sonore — vous avertissant que votre ordinateur est infecté par un virus grave. Un numéro de téléphone est affiché. Vous appelez. Un “technicien” vous demande d’installer un logiciel pour prendre le contrôle de votre PC à distance et “nettoyer” le virus. Il vous demande ensuite de payer plusieurs centaines d’euros pour la prestation.
La réalité : votre ordinateur n’avait aucun problème. Le pop-up était une publicité malveillante. Le “technicien” a peut-être installé un vrai malware pendant la prise en main à distance.
Si cela arrive : Fermez la fenêtre (Alt+F4), n’appelez jamais ce numéro. Si la fenêtre ne se ferme pas, éteignez l’ordinateur.
5. L’arnaque aux faux placements et à la romance
Ces arnaques se développent sur les réseaux sociaux et les applications de rencontre. Elles ciblent particulièrement les personnes veuves ou isolées. Un profil séduisant prend contact, engage une relation chaleureuse pendant plusieurs semaines, puis propose un “placement financier exceptionnel” ou demande de l’aide financière pour une urgence.
Ces arnaques, appelées “pig butchering” (engraissement de cochon), peuvent durer des mois et entraîner des pertes de plusieurs dizaines de milliers d’euros. La victime est souvent la dernière à réaliser qu’elle a été manipulée.
Signal d’alarme : Toute personne rencontrée en ligne qui parle d’argent, de placement ou de difficulté financière dans les premières semaines est très probablement un escroc.

Mots de passe : créer des codes solides sans se compliquer la vie
Le mot de passe est la première barrière entre vos comptes et les fraudeurs. Pourtant, selon une étude récente de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information), 60 % des Français utilisent encore le même mot de passe sur plusieurs sites.
Ce qu’est un mot de passe dangereux
- Votre date de naissance (7 juin 1948 → 07061948 : un ordinateur essaie cette combinaison en moins d’une seconde)
- Le prénom de vos enfants ou petits-enfants
- “motdepasse”, “123456”, “azerty”, “password”
- Votre nom de rue ou le nom de votre ville
- Une suite de chiffres logique : 123456789, 987654321
La méthode de la phrase de passe
Au lieu d’un mot compliqué, choisissez quatre ou cinq mots aléatoires séparés par des tirets ou des espaces. Par exemple :
Vélo-Citron-Chapeau-Nuage-44
- Quasiment impossible à deviner par un ordinateur (il faudrait des milliers d’années)
- Facile à mémoriser car les mots ont du sens pour vous
- Reconnu comme très solide par tous les services en ligne
Un mot de passe différent pour chaque service important
Utilisez un mot de passe unique pour votre banque, un autre pour vos emails, un autre pour votre espace impôts.gouv.fr. Si un site est piraté et que votre mot de passe est volé, les autres comptes restent protégés.
Pour ne pas tout mémoriser, notez vos mots de passe dans un carnet papier rangé dans un endroit sûr chez vous — loin de votre ordinateur. C’est une solution simple et très efficace. Les gestionnaires de mots de passe numériques (Bitwarden, 1Password) sont aussi excellents, mais leur prise en main peut nécessiter un accompagnement.
La double authentification : un verrou supplémentaire
La double authentification (aussi appelée validation en deux étapes) ajoute une couche de sécurité : même si quelqu’un connaît votre mot de passe, il ne peut pas accéder à votre compte sans le code que vous recevez sur votre téléphone.
Activez-la sur vos comptes les plus importants : messagerie (Gmail, Orange, La Poste), réseaux sociaux, banque en ligne. Cherchez l’option dans les paramètres de sécurité de chaque service.
Attention : Si quelqu’un vous appelle pour vous demander le code que vous venez de recevoir par SMS — même en se présentant comme votre banque — raccrochez immédiatement. C’est une tentative d’arnaque.
Reconnaître les faux emails, les SMS frauduleux et les appels suspects
Les 10 signaux d’alerte dans un email
- L’expéditeur : l’adresse email semble correcte à première vue, mais un détail cloche —
contact@credit-agricoIe.fr(avec un i majuscule à la place du L) ouservice@impots-remboursement.com(domaine non officiel). - L’urgence artificielle : “Votre compte sera bloqué dans 24 heures”, “Répondez immédiatement”.
- Les fautes d’orthographe : un email officiel d’une banque ne contient pas de fautes. Méfiez-vous aussi des textes trop parfaits générés par intelligence artificielle.
- Un lien suspect : passez votre souris sur le lien (sans cliquer) — l’adresse qui s’affiche ne correspond pas au site officiel.
- Une demande d’informations personnelles : code PIN, numéro de carte, mot de passe.
- Une pièce jointe inattendue : surtout les fichiers .docx, .xlsx, .pdf ou .zip que vous n’attendiez pas.
- Un expéditeur inconnu : vous ne reconnaissez pas qui vous a envoyé cet email.
- Un objet vague ou alarmiste : “Important ! Votre compte”, “Action requise — sécurité”.
- Des images qui ne chargent pas : certains phishings ont des visuels mal formatés.
- Une adresse de réponse différente : l’email vient de “@orange.fr” mais demande de répondre à “@gmail.com”.
La règle du “bouton stop” avant de cliquer
Avant de cliquer sur n’importe quel lien dans un email ou un SMS, posez-vous ces trois questions :
- Est-ce que j’attendais ce message ? Si non, prudence maximale.
- Est-ce que ce service m’a déjà contacté par ce moyen ? Ma banque m’appelle-t-elle d’habitude ?
- Que risque-t-il de se passer si je ne réponds pas immédiatement ? Si la réponse est “rien de grave”, prenez le temps de vérifier.
Quand un doute persiste : appelez directement le service concerné avec le numéro figurant sur votre carte, votre contrat ou le site officiel — jamais le numéro affiché dans le message suspect.
Acheter en ligne en sécurité : les bons réflexes avant de payer
Les achats en ligne sont devenus incontournables, mais ils nécessitent quelques précautions.
Vérifier la légitimité d’un site
Avant d’entrer votre numéro de carte sur un site marchand, vérifiez :
- L’adresse commence par
https://et un cadenas est affiché dans la barre d’adresse. Sans ce cadenas, vos données de paiement ne sont pas chiffrées. - L’adresse est correcte :
amazon.fret nonamazon-fr-boutique.comouamaz0n.fr. - Le site a des mentions légales visibles (numéro SIRET, adresse, contact).
- Les avis sont vérifiables : méfiez-vous des sites avec uniquement des avis 5 étoiles récents.
Les modes de paiement les plus sûrs
- PayPal : en cas de problème, PayPal offre une protection acheteur.
- Carte bancaire virtuelle : votre banque peut vous émettre un numéro de carte à usage unique, valable pour un seul achat, avec un plafond que vous fixez. Renseignez-vous auprès de votre conseiller.
- Carte prépayée : vous chargez uniquement le montant de votre achat, ce qui limite l’exposition.
- Virement bancaire : à éviter pour les particuliers sur des sites inconnus — en cas d’arnaque, le virement est très difficile à récupérer.
Ne jamais mémoriser ses coordonnées bancaires
Quand un site propose de “retenir votre carte pour les prochains achats”, la commodité est réelle mais le risque aussi. Si le site se fait pirater, vos coordonnées sont exposées. Ne sauvegardez vos informations bancaires que sur des sites de confiance que vous utilisez régulièrement (Amazon, votre banque en ligne).
Protéger son ordinateur et son téléphone au quotidien
La sécurité numérique ne se joue pas uniquement face aux arnaques. L’état de votre machine compte aussi. Notre guide pour supprimer un virus ou malware de son PC détaille les étapes de nettoyage si vous soupçonnez une infection.
Les mises à jour : obligatoires, pas optionnelles
Les messages “une mise à jour est disponible” sur votre ordinateur ou votre téléphone ne sont pas là pour vous embêter. Ils corrigent des failles de sécurité découvertes par les experts. Un ordinateur non mis à jour, c’est une maison avec la porte de derrière ouverte.
- Sur Windows : Paramètres > Windows Update > Options avancées > Mises à jour automatiques
- Sur votre téléphone Android : Paramètres > Système > Mise à jour
- Sur votre iPhone : Réglages > Général > Mise à jour logicielle > Mises à jour automatiques
L’antivirus : lequel choisir ?
Windows 10 et Windows 11 intègrent Windows Defender, un antivirus gratuit qui offre une protection correcte. Pour la majorité des seniors, il est suffisant à condition d’être à jour.
- Windows Defender (intégré à Windows 10/11) : gratuit et suffisant pour la majorité des seniors, à condition d’être à jour.
- Malwarebytes (version gratuite) : excellente option pour une protection renforcée.
- Bitdefender (version payante, environ 30 euros par an) : offre une protection renforcée avec une interface simple. Évitez d’installer plusieurs antivirus simultanément — ils se perturbent mutuellement.
Les réseaux Wi-Fi publics : prudence de rigueur
Ne faites jamais d’opérations bancaires sur un réseau Wi-Fi public (café, hôtel, gare). Ces réseaux peuvent être espionnés. Utilisez votre connexion mobile (4G/5G) pour tout ce qui concerne votre banque ou vos données personnelles sensibles.

Réseaux sociaux et vie privée : ce qu’il ne faut pas publier
Facebook, Instagram et WhatsApp font partie du quotidien de millions de seniors français. Ils permettent de maintenir le lien avec la famille, les amis, les anciens collègues. Mais les informations que vous y partagez peuvent être exploitées par des personnes malveillantes.
Les informations à ne jamais publier publiquement
- Votre adresse postale complète
- Vos dates de vacances et absences de chez vous (annoncez votre retour, pas votre départ)
- Des photos de documents officiels : carte d’identité, passeport, ordonnance, courrier de la CAF ou des impôts
- Votre numéro de téléphone portable en post public
- Des informations médicales détaillées (elles peuvent être utilisées pour de la manipulation ou de la discrimination)
- Des photos de votre intérieur qui révèlent votre patrimoine (tableaux, bijoux visibles, équipements coûteux)
Configurer sa vie privée sur Facebook
Allez dans Paramètres et confidentialité > Paramètres > Confidentialité et vérifiez :
- “Qui peut voir vos futures publications ?” → choisissez Amis
- “Qui peut vous envoyer des demandes d’amis ?” → choisissez Amis d’amis
- “Qui peut rechercher votre profil par email ?” → choisissez Amis
N’acceptez des demandes d’amis que de personnes que vous connaissez réellement. Les faux profils de séduction ou d’escroquerie créent des profils convaincants.
WhatsApp : méfiez-vous de l’“arnaque au fils en détresse”
Une escroquerie très répandue : vous recevez un message WhatsApp d’un inconnu qui dit être votre fils ou votre fille avec un nouveau numéro (“Maman, j’ai changé de téléphone, c’est mon nouveau numéro”). Il vous demande ensuite de l’argent en urgence pour une raison grave. Appelez toujours votre enfant sur son numéro habituel pour vérifier avant tout transfert d’argent.
Que faire si on pense avoir été victime d’une arnaque ?
La honte ne doit pas paralyser l’action. Des millions de Français sont victimes d’arnaques en ligne chaque année — des personnes jeunes, diplômées, familières du numérique. Les fraudeurs sont des professionnels de la manipulation. Agir vite est la priorité.
Les premières actions dans les 24 heures
Si vous avez communiqué des informations bancaires (numéro de carte, codes de connexion) :
- Appelez immédiatement votre banque au numéro indiqué sur votre carte ou sur un relevé de compte (jamais le numéro d’un message suspect).
- Demandez le blocage de votre carte et le signalement des transactions frauduleuses.
- Demandez la procédure de remboursement — les banques ont une obligation légale de rembourser les victimes de fraude bancaire dans la grande majorité des cas. Si vous avez installé un logiciel inconnu sur votre ordinateur :
- Déconnectez l’ordinateur d’internet (débranchez le câble réseau ou désactivez le Wi-Fi).
- N’éteignez pas l’ordinateur.
- Appelez un technicien informatique de confiance. Dans tous les cas :
- Signalez l’arnaque sur cybermalveillance.gouv.fr — ce site vous guide et vous met en contact avec des professionnels.
- Déposez plainte à la gendarmerie ou au commissariat avec toutes les preuves disponibles (captures d’écran, emails, SMS).
- Signalez les messages frauduleux : emails → signalement.social.gouv.fr / SMS → transfert au 33700.
Le remboursement est possible dans la majorité des cas
En France, la loi protège les consommateurs victimes de fraude bancaire. Si vous contestez une opération non autorisée, votre banque doit vous rembourser dans les délais légaux — sauf si elle prouve une négligence grave de votre part (communication volontaire de vos codes à un tiers). N’hésitez pas à insister et à vous faire accompagner.
Accompagner un proche senior vers une navigation plus sûre
Si vous lisez ce guide pour aider un parent ou un grand-parent, voici comment aborder le sujet sans le blesser ou le mettre sur la défensive.
L’approche qui fonctionne
Ne parlez pas de “protection” comme si votre proche était incapable de se défendre. Présentez ces règles comme des pratiques adoptées par tout le monde, y compris vous. “Tu sais, moi aussi j’ai failli me faire avoir par un email de ma banque” est plus efficace que “tu n’y connais rien, laisse-moi configurer ton ordinateur”.
Établissez avec lui ou elle une règle simple et mémorisable : avant de cliquer ou de donner des informations, appeler un proche de confiance. Un “téléphone de référence” — le vôtre, celui d’un voisin de confiance — peut servir de bouclier humain face à l’urgence artificielle des arnaqueurs.
Les gestes techniques à faire ensemble
- Vérifier que Windows Defender est actif et à jour
- Activer les mises à jour automatiques sur Windows et le téléphone
- Créer un mot de passe solide pour la messagerie et le noter dans un carnet
- Configurer la double authentification sur les comptes les plus importants
- Passer en revue les paramètres de confidentialité Facebook ensemble
La règle des 24 heures
Pour les décisions financières ou les demandes urgentes venues d’internet ou d’un inconnu au téléphone, instaurez la règle des 24 heures : on ne paie jamais dans l’urgence, on attend 24 heures et on en parle à quelqu’un. Un service ou une administration légitime accepte toujours un délai raisonnable. Si un “conseiller” insiste pour que vous agissiez immédiatement, c’est un signal d’alarme.
Comprendre comment les psychologues analysent l’apprentissage numérique chez les seniors peut aussi vous aider à trouver la bonne approche pédagogique avec votre proche.
Les ressources gratuites pour se former à la sécurité numérique (Pornic et en ligne)
Les ressources nationales en ligne
- Cybermalveillance.gouv.fr est le portail officiel du gouvernement français. Il propose des guides pédagogiques clairs, des fiches réflexes par type d’arnaque, et un outil de mise en relation avec des professionnels certifiés en cas d’incident. C’est la première adresse à mémoriser.
- Pix.fr est la plateforme nationale de certification des compétences numériques. Des parcours adaptés aux débutants permettent d’apprendre à son rythme, gratuitement, depuis chez soi.
- France Num (numerique.fr) propose des guides accessibles sur la sécurité numérique pour le grand public, avec des articles illustrés et des vidéos pédagogiques.
- La CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés — cnil.fr) publie des conseils pratiques sur la protection des données personnelles, accessibles même sans formation technique.
Les ressources locales en Loire-Atlantique et à Pornic
En Loire-Atlantique, plusieurs structures proposent un accompagnement au numérique pour les seniors :
- Les médiathèques : beaucoup proposent des ateliers numériques gratuits animés par des médiateurs numériques formés. Renseignez-vous auprès de la médiathèque de Pornic ou des bibliothèques intercommunales.
- Les CCAS (Centres Communaux d’Action Sociale) : ils organisent fréquemment des ateliers “sécurité en ligne” pour les personnes âgées.
- Les Espaces France Services : présents dans plusieurs communes de Loire-Atlantique, ils offrent un accompagnement personnalisé aux démarches numériques, y compris la sécurité.
- Les associations de bénévoles numériques : des structures comme “Emmaüs Connect” ou les clubs informatiques associatifs locaux proposent des séances d’initiation en groupe, dans un cadre bienveillant.
Consultez les ressources locales à Pornic pour trouver les points de contact les plus proches de chez vous.
Pour les sujets de sécurité plus avancés, nos guides sécurité informatique couvrent en détail la protection contre les malwares, les ransomwares et les techniques de phishing les plus sophistiquées.
Une remarque sur les personnes les plus vulnérables
La sécurité numérique ne concerne pas que les seniors. Dans un foyer, les plus jeunes (enfants, adolescents) et les plus âgés sont souvent les plus exposés, mais pour des raisons différentes. Si vous souhaitez aussi protéger les membres les plus vulnérables de votre foyer en ligne, des guides dédiés à la sécurité des enfants sur internet et au contrôle parental existent pour compléter votre démarche globale de protection familiale.
Un dernier mot : la sécurité numérique, ça s’apprend
La sécurité numérique n’est pas une aptitude innée. Elle s’apprend, se pratique et s’améliore avec le temps — exactement comme apprendre à conduire, à utiliser un nouveau téléphone ou à s’adapter à n’importe quelle évolution technologique.
L’objectif n’est pas de devenir méfiant envers tout et tous, ni de renoncer aux formidables avantages qu’offre internet. Il s’agit simplement de développer quelques réflexes — comme on vérifie automatiquement que la porte est bien fermée en sortant de chez soi.
Rappelez-vous les fondamentaux de ce guide :
- Jamais d’urgence : un service légitime accepte toujours un délai.
- Jamais de codes : ni votre mot de passe, ni un code SMS reçu, à qui que ce soit au téléphone ou par email.
- Toujours vérifier : en cas de doute, appelez directement le service concerné sur un numéro que vous connaissez.
- Signaler sans honte : si vous pensez avoir été trompé, agissez vite et signalez.
Si vous avez un doute sur la sécurité de votre ordinateur, si vous pensez avoir été victime d’une arnaque ou si vous souhaitez simplement mettre votre machine à jour correctement, n’hésitez pas à faire appel à un technicien de confiance. À Pornic et dans toute la Loire-Atlantique, Ultrasyd Informatique accompagne les particuliers — et notamment les seniors — pour naviguer sereinement et en sécurité sur internet.
le témoignage d’une formatrice qui accompagne les seniors à Pornic
